Les origines du Manga !

Les origines du Manga !

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Les origines du manga :

     Au Japon, le terme manga désigne la BD au sens large, alors qu'en Occident il a une signification nippones. Les mangas traduits en français se lisent dans le sens d'origine (de droite à gauche).

 

     Le dessinateur de mangas est appelé mangaka. Il est soumis à des rythmes de parution très rapides et ne bénéficie pas toujours d'une liberté totale sur son œuvre, selon la succès auprès du public. Son éditeur peut donc lui demander de poursuivre ou d'arrêter la création.

 

     Les mangas comptent souvent un nombre important de pages. Par ailleurs, il comporte une série en plusieurs volumes. Le nombre total de planches racontant une histoire dans un manga est beaucoup plus élevé que dans une bande dessinée européenne, d'où ses propres techniques.

 

     Pour trouver ses origines il faut faire un grand bond dans le temps ! En effet il les trouve dans la peinture narrative à l'époque de Nara, avec l'apparition des premiers rouleaux narratifs peints : les emakimono. Ces œuvres associaient des peintures à des textes calligraphiés qui assuraient le récit d'une histoire que l'on découvrait au fur et à mesure que se déroulait le rouleau.

 

     De même, lors de la période Edo, les estampes étaient d'abord destinées à l'illustration de livres, mais, très vite, le rapport s'inversa et l'on vit l'apparition de « livres à lire » en opposition avec les « livres à regarder ».

 

     Inventé plus « officiellement » par le caricaturiste Katsushika Hokusai (1760-1849), le terme manga signifie littéralement "image dérisoire". Il fini par être reconnu au même titre que le comic-book aux États-Unis ou la Bande Dessinée franco-belge en Europe. Il ne prendra le sens de BD qu'au cours du 20e siècle. Lorsqu'elle y devient très populaire, après 1945 et grâce à Osamu Tezuka.

 

L’art et influence du manga au Japon :

 

     Osamu Tezuka (1928-1989) a révolutionné les codes du manga. Inspiré par Disney, il introduit le découpage cinématographique en modifiant la forme des cases. Permettant ainsi de représenter la même action sous différents angles, introduisant une impression de ralenti.

 

     Le manga s’est aussi inspiré des techniques de dessins des comics américains des années 50. En effet, sous l'occupation américaine, les mangakas subissent l'influence des BD qui sont diffusés en grand nombre dans la presse quotidienne japonaise.

 


     L’influence qui a créé la controverse est celle des « gros yeux ». En effet, Tezuka était tombé sous le charme des grands yeux de Blanche Neige de Disney, qu’il trouvait très expressifs, et a décidé de les intégrer à ses dessins. Ce qui a très bien marché car depuis la technique est restée !

 

     Il introduira le mouvement dans la BD japonaise par des effets graphiques. Comme des traits ou des onomatopées pour toutes les actions comportant un déplacement, mais surtout par l'alternance des plans et des cadrages.

 

     Les années 1960 voient l'émergence de mangas plus dramatiques dans lesquels sont abordés des sujets plus sérieux et réalistes, appelés gekiga.

 

     En 1964 naît l'association des mangakas, qui décerne des prix annuels à partir de 1972.

 

     Dans les années 1970, le manga pour filles, se développe à l'initiative du groupe de l'an 24. Il met en avant les relations psychologiques des personnages et se détache des mangas pour garçons.

 

Qu’est-ce que le manga ?

 

     Au Japon, pour le manga tout débute avec les magazines de prépublication. Il en existe environ 300 qui visent tous un public différent, selon l’âge, le sexe et la catégorie socioprofessionnelle. Le plus important est le Shonen Jump tiré à plus de 5 millions d’exemplaires.

 

     Ces hebdomadaires ne sont pas chers en rapport à leur pagination. Ils se vendent en moyenne à 230 yens, soit un peu moins de 2€. En France ils restent cher car ils sont vendus en moyenne à 5€.

 

     Ils sont imprimés en noir et blanc et sur du papier recyclé, très écologique ! Ils comportent une dizaine de chapitres de manga différents, obligeant les studios à une production élevée. Les mangakas, s’entourent donc d’assistants afin de respecter des délais très courts.

 

     Lorsqu’une série plaît au public, elle est publiée dans un format poche et souple (celui que l’on trouve en France) sur du papier de meilleure facture et avec une plus belle qualité d’impression.

 

     Au Japon, le manga fait partie intégrante de la vie quotidienne, 40% des livres achetés sont des mangas. Dans la rue on trouve des distributeurs de manga, les affiches publicitaires sont omniprésentes, des séries sont diffusées à la télévision. Une culture à part entière !

 

--> Exemple d'un distrubuteur de mangas au Japon.

 

 

Les mangas sont traditionnellement classifiés en fonction de l'âge et du sexe du lectorat visé. Il existe six classes :

  •  Kodomo pour un public jeune (moins de 10 ans), quel que soit son sexe.

  • Shōnen pour un public masculin jeune, de 8 à 18 ans.

  • Shōjo pour un public féminin jeune, de 8 à 18 ans.

  • Seinen pour un public masculin adulte, 16 ans et plus.

  • Josei pour un public féminin adulte, 16 ans et plus.

  • Seijin pour un public adulte, 18 ans et plus.

Ces genres sont indicatifs; de nombreux lecteurs ne les suivent pas, moi la première !


 

Exportation des mangas en France :

 

     

     Le Japon souhaite faire découvrir au reste du monde ses mangas. À la fin de l'année 1970, une rétrospective est organisée à Paris, au drugstore Publicis de St Lazare, à la demande de l'ambassade du Japon si on en croit l'article sur les mangas paru dans le numéro 21 de la revue Phénix de 1972, rédigé par Claude Moliterni et Kosei Ono.

 

--> Numéro 21 de la revue Phénix.

 

 

     Le manga est très peu présent dans le monde francophone avant 1978. À partir de mars 1990, Glénat décide de traduire et publier Akira, de Katsuhiro Otomo. Cette œuvre permet au succès d'être au rendez-vous.

 

     En mars 1990 naissent les firmes Yamato et Protoculture addict. Naît aussi Animeland qui remplace Mangazone comme référence francophone.

 

     Glénat, une fois Akira achevé, publie d'autres mangas d'animes à succès. La réussite de l'entreprise lui permet de traduire d'autres mangas, liés ou non à un anime.

 

     Des éditeurs spécialisés naissent également : Samouraï Éditions, qui publie des mangas érotiques à partir de 1994 puis des mangas plus traditionnels l'année suivante etc.

 

     Tonkam, qui se lance en juin 1995 devient le premier grand éditeur français spécialisé dans le manga. C'est d'ailleurs le premier à les publier dans le sens de lecture japonais, à la fois pour des raisons de coût et d'intégrité de l'œuvre.

 

 

Principaux éditeurs
de mangas en 2014

Parts de marché

Glénat

23,6 %

Pika

19,4 %

Kana

16,5 %

Ki-oon

8,5 %

Kurokawa

8 %

Kazé Manga / Asuka

6,2 %

Delcourt / Tonkam

5,3 %

Panini

2,7 %

Soleil Manga

2,5 %

Doki-Doki

1,1 %

Taifu Comics / Ototo

1,4 %

Casterman (Sakka)

0,9 %

Komikku

0,5 %

Akata

0,4 %

 

 

     En 2010, Kana et Glénat sont toujours leaders dans le domaine du manga, ils perdent du terrain à l'avantage de maisons d'édition comme Pika, Ki-oon ou Kazé, qui se font une grande place dans le marché depuis leur rachat en 2009 par Shōgakukan et Shūeisha.

 

    Certains éditeurs comme Tonkam, Panini ou encore Delcourt enregistrent des baisses très conséquentes.

 

     Pour une grande partie des séries à succès des années 2000, les rythmes de parution en France rattrapent ceux du Japon et se font donc plus lents, et les nouveaux lecteurs plus rares... Or, certaines grandes séries emblématiques des années 2000, arrivées à maturité et commencent à perdre plus de lecteurs qu'elles n'en gagnent.


PS: J'ai prit mes sources de Wikipédia et de Glénat car là je ne peux pas tout deviner !

 

Himiko

Commentaires (1)


  • User Name fizik

    Très intéressant, bravo !

    Le 15 mai à 18h42