Après le jeu de société du Loup-Garou, voici son manga !

Après le jeu de société du Loup-Garou, voici son manga !

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      Au risque de me répéter, le survival game est produit en d’importante quantité. Avec ce nouveau titre, Soleil Manga pourrait bien avoir déniché une série qui se démarque. On notera tout de suite que ce qui fait son originalité, c’est qu'il est allé chercher sa trame en France, avec le jeu de société Les Loups garous de Thiercelieux. Y ayant beaucoup joué quand j’étais plus jeune c’est avec une certaine appréhension que je me le suis procurée.     


     Ici, le meneur de jeu est remplacé par le kidnappeur, qui régit tout par le biais de caméras. Quant aux règles du jeu, elles sont suivies d'assez près, avec la présence de loup-garou parmi les élèves, le système d'alternance jour/nuit, les discussions et débats... à ceci près que s'ajoute un point plus cruel : ce sont les élèves eux-mêmes qui devront exécuter, comme ils le souhaitent, la cible désignée.

 

     Notons que pour une fois dans un survival, on assiste à l’enlèvement de l’un des personnages principaux avant de le voir mis en situation du jeu de la mort.


     Pour ceux qui ne connaissent pas les règles elles sont assez simples : un certain nombre de joueurs se voient attribuer des rôles (que les autres ignorent) et doivent survivre à la partie. Certains sont des loups garous qui doivent dévorer les villageois une fois la nuit tombé. Et bien sûr, les villageois doivent éliminer les loups garous pour survivre. Parmi les villageois certains possèdent des pouvoirs pouvant les aider dans leur lutte ! Une fois le jour revenu et la victime déplorée, tous les joueurs restants (auxquels se mêlent les loups garous) doivent y aller de leurs déductions, discussions et accusations pour déterminer qui sont les tueurs.

     À la fin du débat, chaque joueur pointe du doigt la personne qu'il suspecte. Une fois désigné par une majorité, le coupable est exécuté, et son identité est révélée. D’ailleurs normalement il y a un maire qui n’est ici pas présent et qui compte pour deux voies s’il y a égalité. Le tout, bien sûr, sous la houlette du meneur de jeu.


     Ce fut un réel plaisir de retrouver le jeu du Loup Garou version manga, et j’étais vraiment excitée à l'idée de voir comment cela allait être mis en scène.


      Pour commencer, la règle des alternances jours/nuits correspondent à la réalité, ce qui laisse le temps aux joueurs de monter en pression. Ensuite il est intéressant qu’ils possèdent chacun une chambre bien à lui, renvoyant aux maisons du village dans le jeu… Les règles semblent respectées ce qui est bon signe, exception faite que le jeu commence par un vote et non par une nuit. 


     Mais malheureusement ceux qui connaissent bien le jeu comme moi, vont vite s’apercevoir les défauts et les manques : les joueurs ne seront que 10. Autant dire que la partie ne sera pas longue et passionnante. Enfin c’est ce que j’ai pensé avant de voir la fin !


     Vient ensuite l'attribution des rôles qui ne seront pas très nombreux : seuls 2 loups garous et la voyante, et c'est tout ! Pas de chasseur, de sorcière, de cupidon...et j'en passe. Je regrette que l’auteur n’ait pas plus approfondi, ce qui aurait pu tout changer d’un point de vue stratégie. D’autant plus qu’apparemment les deux loups sont des experts en la matière. Ensuite les joueurs ne connaissent pas la carte des éliminés... ce qui peut être une approche très intéressante pour créer de nouvelles stratégies.


     Les personnages se montrent tous clichés : l'héroïne craintive et un peu paumée, le garçon droit qui va la protéger, le hautain de première qui se croit supérieur aux autres, le gros bras etc.

 

     Le gros point positif qui se différencie du jeu, c’est que les participants découvrent sur des écrans des « crimes » commis par les autres joueurs, le tout ayant pour but de stimuler les votes et donner envie aux joueurs de s'entretuer… En effet, l’auteur dévoile peu à peu, via les télévisions dans les chambres des participants, des événements passés.

 

     Graphiquement, le trait de Koudo est fin et précis, il attire l’attention sur le chara-design, et la palette d’expressions accentue l’état psychologique des prisonniers. De plus l’environnement dans lequel ils évoluent affirme le huis-clos, qui va éliminer la complexité graphique des lieux qu’il aurait fallu dessiner. Enfin, la parfaite mise en scène alterne les points de vue larges, serrés, la violence, les échanges verbaux agressifs etc. Tout est fait pour nous plonger dans une ambiance macabre et malsaine engendrée par le jeu machiavélique.

 

     Le timing très court imposé par l’organisateur pousse chaque joueur dans ses retranchements et à faire ressortir son instinct primitif. 

     A priori les "victimes" n'ont comme point commun que d'être élèves du même lycée, or l'organisateur a des informations très précises sur chacun qu'il distille au compte-goutte car chacun a un ennemi secret qui lui sera dévoilé. Cela signifie aussi qu’il devait préparer son coup depuis longtemps.

     Malheureusement, beaucoup de questions restent sans réponses à ce jour car la série est terminée en 3 tomes. Mais ce que je peux rajouter, c’est que l’auteur a produit une sorte de « saison 2 » Hunt- Beast Side. Basé sur le même principe, j’espère qu’on aura ici plus d’explications !

 

     Je vous recommande ce manga, car il se lit assez facilement, il se dévore même ! (Sans mauvais jeu de mot). J'ai vraiment apprécié l'adaptation du jeu en manga, malgré les quelques points négatifs qu'il peut y avoir, mais qui ne sont pas vraiment gênants. 

 

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