Dexter au féminin ? Non bien mieux encore !

Dexter au féminin ? Non bien mieux encore !

Post Title

     Cela faisait un moment que j’hésitais à acheter la série Gift  ± qui est se vend comme étant un « Dexter au féminin ». Je me suis donc lancée en l’acquérant et je ne regrette pas du tout mon choix. Encore peu connu en France, Yuka Nagate nous revient chez Komikku pour nous plonger dans un Japon illégal allant de la prostitution de mineures, à des bars à hôtesses etc. On aura donc affaire à une série qui s'inspire de la société actuelle, avec en plus un thème pour le moins atypique puisqu’il nous parle des greffes d’organes. C’est un monde cruel où il faut attendre plusieurs années pour pouvoir en bénéficier et qui ici, va donc en engendrer un commerce illégal.

 

     On suit Tamaki, une jeune et mystérieuse ado qui manie à perfection l’art du scalpel, avec son associé Takashi. Leur devise est simple : prendre la vie et les organes des pires rebuts de la société́, des infâmes criminels, qui, selon son groupe, mériteraient de mourir, afin de sauver des personnes plus méritantes. Leur principal client : un médecin qui travaille dans l’illégalité : Hayashi, recherché par la police pour un crime qu’il a commis quelques années auparavant...

 

     L'auteur cherche à conserver une part de réalisme dans son récit et pour cela il nous emmène dans les baffons sombres et méconnues de la société. Il évoque la situation des greffes au Japon qui se font rares et pas données à tout le monde, le temps d’attente qui est long, les rejets, les maladies...


      L’histoire repose beaucoup sur son héroïne à la fois adolescente et sérial killeuse. Dès les premières pages, Tamaki intrigue avec son comportement froid et solitaire. De plus, on peut l’obsrver dans divers milieu : au lycée avec ses « amis », un garçon qui la drague, elle, en train de tuer … A ce stade de l’histoire (7tomes) on commence enfin à en apprendre plus sur son passé et cela sauve un peu la mise au titre. 
 

      Maintenant je vais vous faire un petit topo sur la série Dexter. C’est un (psychopathe ?) tueur en série qui tente de survivre en essayant de maîtriser ses pulsions meurtrières. Pour assouvir son besoin vital, il ne prend pour cible que des criminels.

 

     Comme la publicité sur ce manga nous laisse croire que notre héroïne est une « Dexter au féminin » je vous arrête tout de suite. Ici, elle est très différente. Elle ne tue pas pour le plaisir mais sous le principe que « chaque vie est précieuse et qu’il ne faut pas la gaspiller». Elle exécute donc des moins que rien, en prélevant TOUS les organes de leurs corps afin de pouvoir sauver d’autres personnes. Même si elle et son groupe paraissent faire une bonne action en sauvant des innocents, il ne faut pas oublier qu’ils les font payer généreusement. Donc peut-on dire que leurs actions et leurs intentions sont si bonnes que ça ?

 

     Afin de ne pas se faire attraper, nos protagonistes vont mettre en place un jargon bien particulier. En effet, pour parler de leurs proies, ils utilisent le mot « baleine » ou encore le verbe « harponner » pour kidnapper. Plus on avance et moins on n’aura le temps de s’ennuyer car plusieurs harponnages auront lieux. Le seul petit point négatif que je pourrais reprocher à ces kidnapping, c’est qu’il n’y pas toute cette préparation que l’on trouvait chez Dexter ce qui est un peu dommage, cela rend l’œuvre un peu moins crédible. 

 

     Pour en revenir à ce commerce de greffes d’organes, au fil des 7 tomes sorti à ce jour, l’idée d’une concurrence sur le marché noir des organes se développe et vient pimenter le récit en le rendant plus réaliste et faisant bouger les choses.


     La relation entre notre héroïne et le chirurgien est assez étrange. Il la recherche corps et âme, sans se douter une seule seconde que c'est elle qui s'occupe de ses commandes. Plusieurs fois ils se croiseront mais ne se reconnaîtront pas. Je trouve quand même cette situation de « je te vois sans te voir » un peu grotesque et irréaliste.  Mais le plus intriguant, reste que son ami et collègue (Takashi) a l’air de savoir beaucoup de chose mais qu’il refuse de les voir réuni… Et c'est dans le septième tome que l'on commence à comprendre pourquoi.

 

     Visuellement, Nagate a effectué un travail de titan et j’adore ! Il réussit parfaitement les scènes importantes qui sont sanglantes et d'une précision chirurgicale, sans mauvais jeu de mot évidemment ! Ce style se voulant sombre est soutenu par un découpage dynamique, tout en mouvement en alternant les nuances de blancs et noirs.

 

     L’auteur souhaite avant tout faire ressortir cette ambiance glauque et dérangeante à travers des scènes choquantes, vulgaire et provocantes au possible. Il nous livre un chara-design soigné avec ses personnages aux visages tout aussi riches en expressions et en finesse. Les dessins réalistes servent à choquer mais nous permettent aussi de ressentir les émotions des « victimes ».

 

     Le seul Bémol que je peux émettre au niveaux  du graphisme c'est sur les couvertures. En effet les versions françaises sont différentes des japonaises et je les trouve moins bien réussi. Cependant elles restent plaisante à regarder et on ressent dès la couverture toute la folie de cette oeuvre .

 

     Bien que la promotion de Gift ± s’est faite en rappelant les similitudes avec la série Dexter : (mode opératoire, code, tuer des personnes ayant commis des crimes) c’est bien là leurs seules ressemblances. Puisque Tamaki, en plus d’éliminer les malfrats, se permet de les vider de leurs organes et de les revendre au marché noir, ce n’est pas une personne qui travaille dans le milieu de la police, elle n’a pas de pulsions meurtrières à assouvir etc. A ce stade, j’espère surtout ne pas avoir une fin aussi décevante que celle de Dexter.

 

     Néanmoins j'ajouterai que je commence à me lasser de l'oeuvre. Bien que dans le tome 6 et 7 on commence à avoir quelques explications aux questions que l'on se pose, je trouve que la série traîne trop en longueur. Mais je ne peux pas vous dire pourquoi car cela vous spoilerez l'histoire. 

 

     En conclusion, avec ses plans variés et violents, l’œuvre est à mettre dans les mains d’un public averti. Il y a également pas mal de fan service avec des femmes nues, des petites culottes... mais qui reste nécessaire pour nous faire parvenir tout ce côté sombre.

 

Commentaires (0)