La beauté ? Source de bonheur ?

La beauté ? Source de bonheur ?

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     Publiée aux éditions Akata et élu 5ème meilleure Shojo en 2015 je vais aujourd'hui vous parler d'un manga qui me tiens à coeur : Rouge éclipse.

 

     Pour commencer l’histoire, on découvre rapidement l’intrigue et on remarque tout de suite que l’auteure ne prend pas du tout le temps de nous présenter ses personnages en préférant procéder directement par l’échange de corps.

 

     On retrouve donc Ayumi dans un corps qui n’est pas le sien, puisqu’elle se retrouve dans celui de Zenko. Non seulement elle se retrouve dans un corps qui n’est pas le sien mais en plus elle doit vivre dans une famille qu’elle ne connait pas. Elle découvre alors que tout le monde ne vit pas une existence de rêve…

 

     Ce qui m’amène déjà à éprouver un premier sentiment négatif. L’auteure expédie trop vite les sentiments de notre héroïne : ne ressent-elle pas de souffrance de ne plus voir sa famille ? De devoir vivre avec des inconnus ? On aborde donc cette histoire avec un peu moins de sérieux nous focalisant, comme les personnages, sur la résolution de la quête pour retrouver son propre corps.

 

     On découvre assez rapidement que c’est Zenko l’investigatrice de toute cette histoire. Bien évidemment elle va refuser de rendre son corps à Ayumi car elle aussi est amoureuse de Shirô! Ayumi va donc devoir apprendre à vivre dans ce corps « ingrat » qu’elle ne connait pas et donc subir toutes les conséquences d’un corps « dépourvu des critères de beautés » : pas d’ami(e)s, messes-basses, ignorance… alors que jusqu’ici elle vivait une vie ordinaire, insouciante avec ses amies etc.

 

     Comme va nous le démontrer Shiki Kawabata, il y a des choses pires que les moqueries à vivre. Même si notre héroïne n’a jamais été méchante avec Zenko, elle lui a témoigné une indifférence et une ignorance qui a fini par blesser Zenko.

 

     On peut donc en déduire que la première grande thématique de l’œuvre est la beauté. De nos jours je m’aperçois que ce soit à travers les mangas ou la vie de tous les jours que l’on voue un culte beaucoup trop important à l’apparence. Et Ayumi va subir ça de plein fouet. Ses amies ne la reconnaissent pas, bien que sa personnalité n’ait pas changée, Shirô, s’il apprend la vérité va-t-il remettre en question avec la fausse Ayumi ? A moins qu’il ne l’aime que pour son physique…

 

     Quant à Zenko, on s’aperçoit qu’elle se dénigre énormément, elle méprise son corps qui se traduit surtout par un mal-être, celui d’une ado un peu hors norme qui n’a jamais pu trouver la confiance en soi à cause de ce qu’elle a pu subir.

 

     La mangaka va nous présenter en réalité quatre personnages principaux qu’elle va très bien réussir à approfondir en explorant avec beaucoup de sensibilité les sentiments éprouvés par tous.

 

     En effet, loin de se laisser abattre, Ayumi va pouvoir être épaulée par Kaga, qui l’a toujours aimé en secret. Il l’observe depuis toujours et va donc très vite se rendre compte que quelque chose cloche. Il comprend alors que la jeune fille n’est plus dans son corps originel ! Mais cela ne va rien changer pour ses sentiments car ce qu’il aime réellement chez elle, c’est sa personnalité et non son physique !

 

     De plus comme la jeune fille reste comme elle l’a toujours été, elle finit par renouer contact avec ses amies, recevant même des compliments grâce à la barrette que son fidèle compagnon lui a offert !

 

     Le dernier personnage est Shirô le petit ami d’Ayumi qui s’avère plus complexe qu’il n’y paraît. Shiki Kawabata, joue à merveille l'ambiguïté sur ce personnage : d'abord difficile à cerner, puis nous laisse penser que c’est un **** n'aimant que le physique de son amie... mais en réalité il manque énormément de confiance en lui car il se compare s’en cesse à Kaga. A sa manière il ressemble un peu à Zenko de ce côté-là.

 

     Zenko va d’ailleurs très vite s’apercevoir que ce n’est pas si simple d’acquérir ce qu’elle veut, même dans le corps d’une autre ! Ses pensées sont mises en valeur : lorsque l’on est impopulaire, on n’a pas grand monde à qui parler.

 

     Pour en revenir à l’échange de corps, il va se faire à travers le mythe de la Lune rouge qui permet, lorsqu’elle survient, d'échanger son corps avec quelqu'un d'autre. Cet échange est une très bonne idée dans le contexte de l’adolescence où l’on se pose toutes sortes de questions. C’est d’ailleurs un sujet assez rare dans le manga, car à ce jour avec tous ce que j’ai pu lire je n’ai pas le souvenir d’avoir lu quelque chose de ce genre-là.

 

     Graphiquement, le dessin de Shiki Kawabata va gagner en maîtrise au fur et à mesure que l’on avance dans l’œuvre. Le trait est fin de sorte que l’on arrive à différencier facilement la « Belle et la bête ». On remarque également qu’elle a su apporter de l’importance aux divers décors ainsi qu’aux détails des expressions des personnages. Elle retransmet parfaitement leurs émotions, ce qui permet de bien les ressentir.

 

     En conclusion, j’ajouterai qu’il ne faut pas oublier le fameux triangle amoureux de tout bon shojo. C’est un manga assez psychologique qui traite d’un sujet d’actualité avec brio et tout au long du récit les rebondissements s’avèrent fructueux car on n’arrive difficilement à savoir comment tout ça va se terminer, bien que l’on soit dans un shojo !

 

 

Himiko

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