Comprendre l'homosexualité

Comprendre l'homosexualité

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     En ce moment, j’aime de plus en plus me procurer des mangas qui traitent de sujets actuels comme par exemple A Silent Voice, Rouge Eclipse… C’est donc tout naturellement que je me suis achetée Le Mari de mon frère, bien que je ne connaisse pas grand-chose à l’homosexualité, et je n’ai pas été déçu loin de là !

 

     En France, on commence à être de plus en plus ouvert à ce sujet, comme le montre la loi sur le « Mariage pour tous », même si des personnes restent très réticentes sur le sujet… Au Japon, l’homosexualité est un sujet très tabou (comme beaucoup d’autres), mais ici, l’auteur ne cache pas son orientation sexuelle, bien au contraire !

 

     En effet, la spécialité de Gengoroh Tagame est le Bara : manga érotique mettant en scène des relations homosexuelles. Mais attention, ici rien de cela, car il va nous proposer un « manga éducatif ». Il sera publié en 2014 dans le magazine Gekkan Action de l'éditeur Futabasha Au Japon, puis chez Akata en France. Par ailleurs, ce manga a reçu un Prix d’excellence au 19ème  Japan Media Arts Festival.

 

     Dans un premier temps, ce que j’ai beaucoup aimé dans l’œuvre, c’est les petits « cours de culture gay ». Mike va nous expliquer du vocabulaire propre à cette culture et nous exposer des évènements historiques et sociaux marquant qui ont eu lieu dans le passé.

 

     Un jour, la vie de Yaichi et de sa fille va être chamboulée par l’arrivé d’un étranger : Mike. Il s’agit en fait du mari du défunt frère (Ryôji) de Yaichi, qui s’était exilé au Canada pour vivre son homosexualité au grand jour.

 

     L’auteur va rendre Yaichi un brin classique et assez peu ouvert d’esprit au début pour nous montrer cette peur face à l’inconnu. Il va tout d’abord adopter des réactions de rejet envers Mike, sans même essayer de le comprendre. Mais en réalité il n’est pas vraiment homophobe, c’est juste un simple japonais qui ne s’est jamais posé de question sur l’homosexualité dans son pays et encore moins dans les autres ! Au cours du récit, au gré des vacations de Mike, et face aux nombreuses questions de Kana (la fille de Yaichi), ce dernier va commencer à s’interroger et à s’ouvrir à l’homme qu’est Mike.

 

     Ce qui m’a séduit dans ce personnage, c’est qu’il se remet en question, il va essayer de s’ouvrir petit à petit, de manière très crédible et rationnelle envers le mari de son frère.

 

     Quant à Mike, on l’aime tout de suite avec son physique « gros nounours » et sa capacité à nous émouvoir, de par sa condition d’époux veuf. De plus le fait qu’il vienne au Japon pour tenir la promesse qu’il a faite à son mari ; celle de connaître ses origines et sa famille, nous émeu encore plus. Ce n’est pas un simple homosexuel, loin de là, il nous touche vraiment.

 

     Pour en revenir à la jeune fille, Kana, elle va être l’élément déclencheur du questionnement de son père. Le mangaka sait parfaitement mettre en valeurs les enfants, en leur attribuant un rôle actif dans les discours du titre. Je m’explique ; Kana, va ici permettre de démêler les sentiments de son père. Elle va poser de nombreuses qui vont remettre son jugement en question. Malheureusement, certaines de ses questions vont être mal interprétées et mal intentionnées par certains adultes. En effet, un enfant ne pense pas à mal, bien au contraire, elle essaye de s’ouvrir à ce qu’elle ne connait pas.

 

     Et c’est là le gros point fort de la série : parvenir à faire ressortir les sentiments de personnes pas spécialement homophobes, mais qui ont du mal à accepter cette orientation sexuelle. Et c’est en discutant et en s’ouvrant à la différence qu’ils vont petit à petit changer d’avis. Par exemple, Yaichi, va découvrir que Mike est un homme dont les sentiments sont semblables aux siens. Bien qu’il ait une orientation sexuelle qui diffère de la sienne, il vit sa vie comme tout le monde, avec son lot d’émotions et d’épreuve.

 

     Le Mari de mon Frère ne traitera pas que du sujet de l’homosexualité, loin de là. Il va aussi aborder un autre sujet très important au Japon : la famille.

     Le cas classique, Yaichi sera jugé car il élève sa fille seul, sans sa mère. De plus comme il accueille un homosexuel chez lui, cela sera vu d’un mauvais œil par certaines personnes. Le manga va aussi démontrer comment certains membres d’une même fratrie/famille peuvent s’éloignent à cause de différences…

 

     Une autre chose que j’ai beaucoup apprécié dans le manga, c’est que l’on a beaucoup de souvenir du passé de nos protagonistes en lien avec Ryôji. Du coup on en apprend plus sur lui, ainsi que le lien qu’il entretenait avant avec son frère. Mike va lui décrire un frère heureux, avec une grande joie de vivre qu’il ne lui connaissait pas. Par ailleurs, le fait que le canadien lui en apprenne plus sur son frère, va lui permettre de faire son deuil et de réalisé que son comportement envers lui lorsqu’il a fait « coming-out » était puéril. Enfin c’est mon ressentit, peut-être que je me trompe !

 

     Pour finir, je trouve que graphiquement l’œuvre est juste magnifique ! Bien que l’on ait un découpage de planches assez basique, la mise en scène et les angles de vues sont efficaces et font tout le travail. Le dessin, quant à lui, est très réaliste. Il nous immerge et nous sensibilise encore plus à la cause de l’homosexualité.

 

     Le trait de Gengoroh Tagame est très précis et maîtrisé à merveille. J’ai beaucoup aimé le chara-design qui est très réaliste, même si l’on a affaire à des hommes bien musclés ! Je trouve que Mike à ce petit côté cliché du canadien avec la barbe, la chemise à carreaux et la carrure de bucheron.

 

Himiko

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