Des vers et des pas mûrs... Oui j'ai osé.

Des vers et des pas mûrs... Oui j'ai osé.

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     Moi et les mangas de zombies ? C’est une grande histoire d’amour ! Alors quand j’ai découvert Infection, j’ai tout de suite été l’acheter. Toujours en cours au Japon avec 9 tomes, il est publié depuis 2016 dans le Shuukan Shounen Magazine. En France, c’est Delcourt/Tonkam qui s’est emparé du titre, sorti en ce début d’année 2018. C’est d’ailleurs la toute première œuvre de Tôru Oikawa à paraître en France, alors qu’il a débuté sa carrière en 2012.

 

     Si vous connaissez un minimum les célèbres œuvres de zombies nippones, cf Highschool of the Dead, alors vous ne serez pas du tout étonné par le genre d’Infection. Ils mélangent l’horreur de la fin du monde, une forte amitié entre un groupe de survivant, fan-service et… encore du fan service !

 

     Autant vous le dire tout de suite, le gros défaut de ce manga c’est le fan service, ce dernier est beaucoup trop récurrent. Bien qu’il aurait pu être agréable dans ce genre de scénario, ici tout est prétexte à des scènes osées et malsaines. Je pense ici à la scène de la réserve, entre Haruki et Kirara, où la jeune femme doit faire ses besoins dans une conserve car ils sont enfermés ! Et puis sérieusement, personnes de normalement constitués n’attendraient aussi longtemps avant de chercher un moyen de sortir !

 

     L’autre problème de ce fan-service, c’est que les héros passent leurs temps à se disputer, ce qui est énervant au plus haut point et qui par-dessus tout rameute les infectés ! L’autre point vraiment stupide, c’est que la jeune fille refuse de s’habiller avec un jogging car ce n’est pas du tout « Fashion ». C’est vrai qu’en cas d’invasion de on pense tous à notre style vestimentaire. C’est vraiment bête et je pense que c’est surtout un prétexte pour laisser l’héroïne se balader en petite tenue.

 

     Maintenant que je l’ai bien dénoncé on va s’attaquer au cœur et points forts du sujet. L’auteur pose peu à peu les bases de son histoire en nous dévoilant quelques informations au fur et à mesure qu’on avance dans notre lecture. Apparemment seule Sendai a été touchée par ce mal, puis mis en quarantaine pour éviter la propagation de cette mystérieuse maladie qui ne semble pas toucher le pays tout entier. Du coup ça nous change des scénarios habituels où le monde entier est souvent paralysé par le virus Zombie et c’est fortement appréciable. Comme on le verra dans certaines scènes, il est apparemment encore possible de communiquer avec le monde extérieur. Ces dernières n’étant pas coupées, cela promet des évolutions de scénarios assez sympas.

 

     Autre point fort, c’est ce nouveau concept des « porteurs ». Ici, aucuns corps en décompositions, comme dans Highschool of the Dead ou Tokyo summer of the Dead... mais des quantités de vers qui sortent des orbites des humains. Les morsures des infectés vont provoquer une mort lente et douloureuse au fil des heures… Mais une fois encore, l’auteur se démarque par le fait que les mordus meurent mais ne reviennent pas sous la forme de morts-vivants. On en vient donc à se poser quelques questions : sont-ils vraiment morts ? Peut-on les soigner si on trouve un remède ? J’espère que la réponse à ces questions sera donnée avec le temps !

 

     Je reviendrai rapidement sur ses vers qui dégoulinent, l’auteur a parfaitement réussi à créer une ambiance angoissante, morbide et dérangeante qui nous plonge vraiment dans l’horreur de la situation. Plus on les regarde, plus un sentiment de malaise nous envahi. Ils me donnent la nausée !

 

     Ce que je languis de voir c’est comment la pandémie va influencer la relation entre les personnages. Est-ce qu’ils vont continuer à tout faire pour essayer de se sauver ? De s’entraider ? Le lien qu’on crée Haruki et Kirara a l’air très fort, bien qu’ils viennent de se rencontrer. La petite sœur de Haruki a l’air vraiment stylée et forte, contrairement à son professeur, qui après des erreurs dans le passé, essaye de se montrer sous un meilleur jour.

 

     Nous aurons bien évidemment tout une panoplie de personnages clichés au possible, comme Enami, la petite amie qui va se débarrasser de son copain car elle ne l’aime plus, le fameux copain, Kikuchi, est prêt à donner sa vie pour ceux qui l’aiment, les jeunes filles égoïstes qui ne pensent qu’à leur survive etc. Mais c’est ce qui fait le charme de ce genre d’histoire !

 

     Pour finir, je pense que la plus grande qualité du mangaka, réside dans son talent pour les dessins. Les jeunes filles sont évidemment bien mises en valeur mais ce n’est pas tout. Les décors sont soignés, et le découpage se veut dynamique. Ce qui fluidifie la lecture et qui fait qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer !

 

     Après en termes d’horreur/gore, le manga s’avère peu sanglant et joue vraiment sur le côté peu ragoutant des vers qui sortent des cavités de leurs hôtes.

 

     Au niveau des couvertures, on peut apprécier le changement de la jaquette française effectué par Delcourt/Tonkam. Je la trouve beaucoup mieux que la version japonaise qui était totalement banale et ne représentait pas du tout l’univers du manga.

 

     En conclusion, bien que Tôru Oikawa ne réinvente pas spécialement le genre, il lui insuffle une nouvelle forme avec ces « infectés ». Même si le fan-service est définitivement trop présent dans ce premier tome, si on en fait abstraction, l’œuvre possède un gros potentiel ! Je vous conseille donc de vous la procurer !

 

Himiko

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