Crime parfait ? Oui, par l'auto-suggestion

Crime parfait ? Oui, par l'auto-suggestion

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     Perfect Crime vous connaissez ? Personnellement je n’en avais jamais entendu parler jusqu’au jour où je suis par hasard tombée dessus. Et croyez-moi, on devrait parler bien plus de ce manga qui se démarque de tous les autres. Paru au Japon en 2014, il a un rythme de parution très lent, car à ce jour, il y a seulement 7 tomes de parus. Pour cette œuvre, nous avons deux personnes, au dessin nous avons Yuya Kanzaki et au scénario nous avons Arata Miyatsuki.

 

     Les auteurs, vont aborder un sujet que je n’ai encore jamais vu dans l’univers du manga, celui de la mort dite psychogène. Mais qu’est-ce donc vous allez me demander ? C’est une mort dont l’origine est purement psychique et c’est le gros atout de ce manga.

 

     Au cours de l’histoire, on suivra Tadashi Usobuki un assassin qui ne tue personne. Enfin, il tue des gens indirectement sans jamais se salir les mains. Par le biais de la mort psychogène et de l’autosuggestion, il va exploiter les faiblesses de l’esprit humain, en menant ses victimes à leur propre perte (suicide, tuerie…). Les mangakas vont donc révéler énormément de problèmes psychologique : auto-persuasion ou autosuggestion, inconscience etc. Tadashi est donc un meurtrier parfait, car il peut tuer qui il veut seulement par suggestion et j’ai vraiment apprécié ce genre de meurtre. J’aime dans le sens où on n’a pas affaire à un banal meurtre avec une arme blanche, un pistolet ou autre cas classique.

 

     Mais d’un autre côté c’est difficile de le considérer comme un meurtrier dans le sens propre du terme. Comment parler de meurtre quand on n’agit pas directement et physiquement sur la victime ?

 

     Tout au long de l’histoire, le schéma de narration ne change pas trop d’un chapitre à l’autre. Usoboki reçoit une demande d’assassinat, il l’exécute et bien souvent, plusieurs personnes finissent à la morgue. En revanche, les demandes seront de toutes sortes, même si il y en aura quelques-unes qui se ressembleront, elles sont assez variées et je me suis régalée à les lire et à les découvrir.

 

     Ce qui entraîne un petit bémol : tout est trop bien calculé. En effet, tout arrive au bon moment, de sorte à ce que le héros réussisse ses missions. Mais d’un autre côté, je pense que cela fait aussi le charme du personnage, il est calculateur au possible (ou est-ce un don ?), aime regarder de haut la stupidité des humains, ce qu’il répète souvent. Il est habité d’une profonde noirceur et est prêt à tout pour tuer. Il finira toujours sa demande d’assassinat d’une manière ou d’une autre… J'ajouterai juste, que ces demandes d'assassinats peuvent être annulée, mais je ne vous dis pas comment ! Tout ce que je peux dire, c'est que dans tous les cas, il y aura des morts...!

 

     Cependant, un élément, plus précisément une personne, pourrait venir casser ce schéma très routinier : Tada Tomoki, policier de son état, bien décidé à arrêter Usobuki. Il paraît être le seul à pouvoir le coincer car il semble immunisé contre son « pouvoir psychique ». Tada va permettre une avancée dans l’histoire et même quelques rebondissements intéressants. Quant à notre héros, il semble intrigué par ce policier, il va jouer avec lui, avec ses nerfs et j’ai même l’impression qu’il souhaite se faire mettre hors d’état de nuire, j’ai hâte de voir comment ils vont évoluer !

 

     Au fur à mesure que l’on va avancer, de nouveaux personnages vont faire leur apparition. Certains seront moins intéressant que d’autres, alors qu’il y a en a qui vont sortir du lot. Je pense ici au détective qui va se prendre d’admiration pour le tueur, à tel point qu’il va même jusqu’à aller se prendre pour lui, il devient fou. J’ai beaucoup aimé son évolution psychologique, d’une personne saine il devient malsain, c’est fascinant.

 

     Ce qui va être aussi très intéressant c’est cette notion d’immunité. Comme je le disais, certains protagonistes vont être immunisés contre le pouvoir psychique d’Usoboki. Pourquoi ? Comment ? Cette explication sera donnée et de manière très plausible. Pour une fois, on aura un élément de réponse qui ne sera pas une théorie bancale !

 

     Graphiquement, ce qui m’a tout de suite attiré vers ce manga, se sont ses couvertures. Les effets vernis et le rouge faisant ressortir l’œil du héros ainsi que le titre, ressortent par rapport au reste noir de la couverture. On a envie d’attraper cette œuvre pour voir ce qu’elle renferme… On notera aussi que l'éditeur à choisi de changer la couverture Française par rapport à la version Japonaise. Je préfère la version Française, cependant, je trouve que la version japonaise montrait beaucoup plus l'aspect psychologique avec les illusions d'optique en arrière plan.

 

     Kanzaki, nous livre des planches très bien fournies avec des décors bien travaillés et présents quand il le faut. Il joue énormément sur les différentes teintes du noir pour faire ressortir la noirceur des moments et qui se dégage d’Usoboki.

 

     Les personnages ne se ressemblent pas, ils ont tous une identité et ils sont vraiment bien dessinés. On ressent leurs émotions lors des assassinats, surtout à travers l’expression que dégagent leurs yeux au moment de la mort.

 

     Les différentes cause de la mort sont elles aussi très bien retranscrites, que ce soit par la gestuelle d’Usoboki ou par ce que l’on croit qu’il nous montre, comme par exemple un serpent, du poison etc.

 

     Perfect Crime suit donc les aventures d’un tueur pas comme les autres, qui aime par-dessus tout prouver la stupidité et la faiblesse des humains. Pour cela, les auteurs vont travailler tout ce qu’il y a autour du côté psychologique et psychique de l’homme. On notera par ailleurs, que chaque cas à indirectement sa petite leçon de morale à la fin.

 

     Pour finir, j’ajouterai que ce n’est pas une œuvre à mettre dans toutes les mains, car il y a la présence de sexe, de violence et de sang.

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